#2 La mort

Très franchement, la mort est un concept surfait qui aurait dû être abandonné après la seconde Guerre Mondiale. En effet, durant cette période, la mort a été tellement sur-exploitée qu’elle aurait ensuite dû être mise au placard. Quitte à la ressortir dans quelques centaines d’années puisque tout revient toujours à la mode.

(Cerveau) Pardon, j’ai dérapé, je me suis encore laissé aller sur l’humour noir.

Plus sérieusement, parler de la mort est difficile : c’est encore un de nombreux sujets taboo de la société occidentale. De plus, à notre âge (29 ans), nous avons encore ce sentiment d’immortalité dû au fait que notre « mort naturelle » est censé n’arriver que dans une cinquantaine d’années (espérance de vie moyenne des femmes en France en 2018 : ≈ 85 ans (source insee)).

Pourquoi avons nous décider de parler de la mort ? Comme tout le monde nous l’avons déjà croisé, plusieurs fois et deux d’entre elles nous sont tout simplement insupportable. L’ « anniversaire » de l’une de ces disparitions approchant, nous avons besoin d’étaler notre incompréhension.

Donc oui, certaine disparition sont plus supportable que d’autre, c’est triste à dire mais c’est la réalité. Nous allons parler de nos quelques expériences pour illustrer ces propos (peu en réalité).

Exemple de deux disparitions « acceptables » :

Notre grand-père paternel est décédé de maladie quand nous avions presque 9 ans. Ainsi, même si Coeur a eu très mal, Cerveau ne comprenant encore que difficilement le concept de mort, cette disparition ne nous parait plus que comme une cicatrice présente mais pas vraiment douloureuse. Même si les quelques souvenirs que nous avons de lui sont très vifs.

Notre grand-mère paternelle s’est endormie en 2010, soit 12 ans après son mari qui lui manquait énormément et que, selon ses croyances, elle souhaitait rejoindre. Un pincement au coeur bien sûr, mais le soulagement de la voir heureuse et en paix après une longue vie de 90 ans. Nous pensons tellement qu’elle était heureuse de nous quitter que nous ne pouvons pas en souffrir, une fois les premiers moments d’absence passés.

Passons aux deux décès qui nous sont inacceptables, chacun pour une raison différente :

Le plus récent en premier :

(Cerveau) Je n’arrive pas à intégrer cette mort car il s’agit d’un suicide. Celui d’un collègue de travail. Et tous les jours, au bureau, je m’attends à le voir entrer comme une trombe en me faisant sursauter et en rigolant. Je vois encore son grand sourire comme si je l’avais vu hier, alors qu’il a choisi de nous quitter en janvier. Je vois les dégâts que cela a causé chez sa compagne, chez ses collègues, tout ce qui ne pourra jamais être réparé. Et je ne comprend pas.

(Coeur) Moi je pleure encore certaine fois, quand je repense à ce mois de janvier, aux émotions qui ont traversé notre service passant du désespoir, à la révolte, à la colère pour finir en éternelle incompréhension. Il manque à tout le monde, c’est criant, il est devenu un taboo alors que personne ne souhaite l’oublier. Et son sourire ne s’effacera jamais.

La deuxième, l’insupportable :

La mère de notre Maman. Rien qu’à écrire ces quelques mots, nos yeux fuient. Le 27 novembre, cela fera 4 ans que c’est insupportable. Il n’y a pas un jour sans que j’y pense. Ma grand-mère a fait un AVC en mai 2013, elle a pu être « sauvée » mais cela a provoqué des crises d’épilepsie dans son cerveau qui lui ont fait petit à petit perdre la mémoire et les acquis, jusqu’à arrêter sa respiration 6 mois plus tard, le surlendemain de son anniversaire, ses 70 ans. Nous l’avons enterré le jour de l’anniversaire de Papa. A peine une dizaine d’années à profiter de sa retraite tellement méritée. Notre super grand-mère, notre héroïne, notre roc sûr et inébranlable. Le modèle qui a osé divorcer dans les années 70 avec deux petites filles sur les bras. Une battante qui a travaillé toute sa vie en commençant comme couturière pour finir éducatrice d’enfants maltraités retirés à leurs parents, quel parcours. Celle à qui nous regretterons toute notre vie de ne pas avoir dit tout ça… Ce n’est vraiment, vraiment, vraiment pas juste ! (Coeur se révolte pendant que Cerveau a du mal à voir l’écran à travers les larmes)

Vous voyez ce que je veux dire maintenant ?

Les larmes les plus amères que l’on verse sur les tombes viennent des mots que l’on a pas dits et des choses que l’on a pas faites.

• Harriet Beecher Stowe •

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